lundi 1 juin 2026

Orientation des pigeons

 Une équipe internationale de chercheurs du Max Planck Institute of Animal Behavior en Allemagne et de l’Hôpital universitaire de Bonn pourrait avoir réalisé une avancée majeure dans la compréhension de la navigation des pigeons voyageurs.

Dans une étude publiée dans la revue scientifique Science, les chercheurs décrivent comment des cellules immunitaires riches en fer présentes dans le foie des pigeons pourraient agir comme une boussole biologique.

Les scientifiques savent depuis plusieurs décennies que les oiseaux utilisent le champ magnétique terrestre pour s’orienter, en particulier lorsque les repères visuels ou le soleil ne sont pas disponibles. Toutefois, l’endroit exact où cette perception magnétique se produit dans l’organisme restait jusqu’à présent inconnu. Des théories antérieures évoquaient des cellules spécialisées dans le bec ou des protéines photosensibles dans les yeux, sans qu’aucune preuve définitive n’ait été apportée.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs se sont intéressés aux macrophages, un type de cellule immunitaire chargé d’éliminer les anciens globules rouges. Au cours de ce processus, ces cellules accumulent de grandes quantités de fer sous forme de ferritine. Grâce à des instruments de mesure très sensibles, l’équipe a découvert que le foie des pigeons voyageurs émet un signal magnétique particulièrement fort. L’analyse microscopique a également montré que ces macrophages riches en fer se trouvent à proximité de fibres nerveuses, ce qui suggère que des informations sur le champ magnétique terrestre pourraient être transmises au cerveau.

Pour vérifier si ces cellules jouent effectivement un rôle dans la navigation, les chercheurs ont temporairement désactivé les macrophages chez un groupe de pigeons voyageurs. Les oiseaux ont ensuite été équipés de balises GPS et relâchés à environ 20 kilomètres de leur pigeonnier. Par temps couvert, lorsque le soleil était invisible, les pigeons traités ont perdu leur sens de l’orientation et n’ont pas réussi à retrouver leur chemin. Lorsque le ciel s’est dégagé, ils ont toutefois pu rentrer, ce qui indique qu’ils ont alors de nouveau utilisé le soleil comme repère. Les résultats suggèrent que les cellules du foie servent de boussole de secours lorsque d’autres signaux d’orientation font défaut.

Selon le professeur Christian Kurts de l’Hôpital universitaire de Bonn, ces résultats révèlent un mécanisme jusqu’alors inconnu permettant aux animaux de détecter les champs magnétiques. Des experts indépendants soulignent néanmoins que des recherches complémentaires seront nécessaires pour comprendre précisément comment les signaux provenant du foie sont traités et pour déterminer si un système comparable existe chez d’autres espèces.

Cette étude apporte ainsi une explication nouvelle et surprenante à l’un des grands mystères du comportement animal : la capacité des pigeons voyageurs à retrouver leur chemin sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres.

Orientation des pigeons

  Une équipe internationale de chercheurs du Max Planck Institute of Animal Behavior en Allemagne et de l’Hôpital universitaire de Bonn pour...